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J' mon terroir, je dis NON à la LGV / LNPCA

LGV d'ailleurs - La Val de Suse n'avale pas le TGV


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>Par Eric JOZSEF

«Not in my backyard.» L'anglais est hésitant mais le concept clair. Sandro Plano, le maire centre gauche de Suse est plus que jamais déterminé : «Pas de TGV Lyon-Turin dans mon jardin.» Il est minuit passé dans la salle des fêtes de la petite commune alpine. Un peu plus de 80 opposants au projet de ligne à grande vitesse (TAV en italien) qui, d'ici à 2018, devrait, selon ses promoteurs, relier les deux villes en moins de deux heures (contre quatre aujourd'hui) continuent de débattre autour des récents affrontements violents avec la police à l'entrée des premiers chantiers. Malgré la décision annoncée samedi par le gouvernement Berlusconi de reporter de six mois le début des travaux et d'ordonner une enquête sur l'impact écologique du percement d'un tunnel de 53 kilomètres entre les deux pays, la vallée de Suse reste en effervescence. Les réunions publiques se succèdent, les manifestations et les initiatives populaires aussi. Partout, de la grande station de ski de Bardonecchia à Avigliana, de Venaus, au pied du Mont-Cenis, à Bussoleno, que ce soit dans la haute ou la basse vallée de Suse, les drapeaux blancs barrés des lettres rouge «No TAV» font figure d'emblème local. C'est tout un territoire, d'environ 90 000 âmes, qui s'est soulevé contre le passage d'une ligne pourtant largement acceptée sur l'autre versant des Alpes, y compris par une partie des Verts.

Territoire restreint.

Dès le 16 octobre, une grève générale a été proclamée dans la vallée, accompagnée d'une manifestation réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes. «Nous ne sommes pas contre les infrastructures en général, précise Sandro Plano, mais nous avons déjà sur une portion de territoire restreint et étroit (moins d'un kilomètre de large par endroits, ndlr) qui accueille déjà une autoroute, deux nationales, deux lignes électriques à haute tension, une ligne ferroviaire internationale et nous venons d'inaugurer une importante centrale hydroélectrique.» En désaccord avec les dirigeants de son parti (les Démocrates de gauche) et notamment avec le maire de Turin, Sergio Chiamparino, et la présidente de la région Piémont, Mercedes Bresso, qui défendent le «projet stratégique» Lyon-Turin, le président de la communauté de montagne Antonio Ferrentino ajoute : «Au départ, la TAV Lyon-Turin est née comme un projet pour les passagers. Puis ses promoteurs se sont rendus compte que les perspectives n'étaient pas suffisamment importantes. Ils ont donc ajouté le projet de transport ferroviaire pour les marchandises et les camions. Mais pour cela, il n'est pas nécessaire de construire une ligne à grande vitesse. Il suffit de moderniser et renforcer la ligne actuelle.»


Autour d'un brasero, face aux policiers qui surveillent l'entrée du chantier bloqué à l'entrée de Venaus, les militants anti-TAV se relaient dans le froid et la nuit. A une centaine de mètres de là, sur le viaduc en arrière-plan, quelques-uns des 4 500 poids lourds qui, chaque jour, traversent la vallée montent comme de gros limaçons sur l'autoroute en direction du tunnel du Fréjus. «Le TGV n'a pas de sens dans une région de montagne», lance un retraité. «Le tracé de la TAV prévoit le percement de tunnels dans des roches contenant de la poudre d'amiante et du minerai d'uranium, enchérit un jeune homme. Tous les médecins de la vallée ont signé un document pour signaler que le taux de cancer est déjà anormalement élevé dans la zone.» «Comment peut-on avoir confiance dans ce gouvernement quand la société pour la conception de tunnels appartenant au ministre des Transports (Piero Lunardi, ndlr) est impliquée, côté français, dans la construction de la ligne Lyon-Turin ?» s'interroge un autre.

Vide politique

Pêle-mêle, les motifs, plus ou moins probants, de l'opposition à la TAV se superposent. «Il y a une douzaine d'années, les premières craintes étaient liées au bruit du train à grande vitesse, se souvient Guido Fissore, un ancien militant écolo qui est de tous les combats contre la TAV. Puis la population a commencé à se préoccuper pour sa santé du fait de la présence d'amiante et d'uranium, mais aussi des conséquences d'un énorme chantier sur la vie quotidienne. Et enfin elle a contesté le modèle de développement économique et environnemental proposé.» Ils n'étaient au départ que quelques contestataires. «Aujourd'hui, c'est toute la population qui ne veut pas de la TAV, insiste le curé de Suse, don Ettore De Faveri, aux côtés de ses paroissiens. Il y a un vide politique. Les gens n'ont plus confiance dans les autorités régionales et nationales, notamment concernant les risques liés à l'amiante et l'uranium. Et ils ne veulent pas d'un chantier qui va bouleverser leur vie quotidienne pendant des années alors que la TAV ne leur apporte rien.» Les opposants font valoir qu'un tiers des marchandises (35 millions de tonnes sur 105 millions) qui sont passées par les Alpes entre la France et l'Italie en 2004 ont traversé la vallée. Principalement par la route (25 millions de tonnes). «Or le projet Lyon-Turin ne règle rien, soutient Antonio Ferrentino. Il y aura toujours autant de camions dans la vallée et dans le Fréjus. Ceux qui seront mis sur le train passent aujourd'hui par d'autres voies d'accès. Alors que le Val-d'Aoste, par exemple, a limité le nombre de poids lourds sur son territoire à 1 400 par jour, nous demandons une redistribution des charges.»


Pour l'heure, les promesses du gouvernement de dialoguer avec les 46 maires en révolte et qui, jusqu'à présent, avaient été tenus à l'écart de la discussion du projet ont permis de jeter un peu d'eau sur le feu. La journée de protestation, prévue samedi à Turin, a néanmoins été maintenue. «Nous souhaitons que l'actuelle ligne ferroviaire soit modernisée, répète Antonio Ferrentino. Puis nous ferons le point et verrons si la TAV est vraiment nécessaire.» D'un ton posé, le président de la communauté de montagne met néanmoins en garde : «Soit on trouve un accord, soit il faudra que les autorités envoient beaucoup de policiers.» Pour reprendre le contrôle du chantier de Venaus, le gouvernement qui continue d'affirmer qu'«il est impossible de renoncer» à la liaison TGV Lyon-Turin a été contraint le 6 décembre de militariser la zone avec environ 2 000 hommes dans la vallée. Deux jours plus tard, 50 000 manifestants étaient de nouveau à l'entrée du chantier.

Source : Libération  15 décembre 2005



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Contre l'intox

Contre l'intox, quelques vérités.
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Je ne suis pas concerné car je n’habite pas sur le tracé FAUX !

Réponse: Même si le bruit peut porter très loin, la LGV ne devrait pas perturber au-delà de 10KM. Sauf que des villes comme Le Revest, La Valette, La Farlède, La Crau …restent dans ce périmètre.
Si certains pourront échapper à la pollution sonore, tous subiront son coût.
Comme l’état se désengage et l’Europe ne s’engage pas, c’est la région qui devra payer une bonne partie de l’addition qui s’élevait déjà en 2009 à 15 000 millions d’euros.
Par exemple, un contribuable de La Coupiane, à La Valette va payer 3 fois: une fois au titre de la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée, une fois au titre du Conseil général du Var et une fois au titre du Conseil régional PACA. Notre imposition va donc exploser.

Le maire de ma commune me l’a promis, le tracé ne passe pas par chez nous FAUX !

Réponse: Les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Actuellement le fuseau MDS (Métropoles du Sud ) a été choisi, les études techniques sont en cours, de nombreux sondages de sols seront effectués et la déclaration d’utilité publique n’aura lieu que vers 2014, elle comprendra alors un fuseau étroit de 500 m. D'ici là, Stop TGV Coudon, en contact permanent avec RFF (Réseau Ferré de France) communiquera sur ce site les information à sa connaissance.
A ce stade des études, personne ne connaît le tracé qui sera retenu en fonction d'impératifs techniques.
On peut juste faire des suppositions, à partir des études réalisées par l’ AUDAT (agence d’urbanisme de l’Aire Toulonnaise).

Le classement du COUDON du 9 décembre 2010 empêche le passage de la LGV. FAUX !

Réponse: Malheureusement non, le classement ne peut pas empêcher le passage de la ligne à grande vitesse.
La LGV est dite d’utilité publique aussi elle peut passer sur des sites protégés, classés, comme le Coudon ou les Maures.
Partout en France RFF a construit des ouvrages qui empiètent sur des zones classées.
Il a par contre plus de contraintes à respecter et donc un coût supplémentaire à construire dans ces zones.
C’est pourquoi STOPTGVCOUDON était très favorable au classement du Coudon et est intervenu auprès du commissaire enquêteur pour l'appuyer..

Cette LGV PACA, c'est l'avenir. FAUX !

Réponse: Pour tout projet il convient de faire un bilan avantages inconvénients.
 La LGV PACA apporterait un gain de 8 minutes sur un trajet Paris Toulon mais une délocalisation probable de la gare vers la périphérie même si la situation actuelle d’une gare au centre ville est satisfaisante pour les voyageurs. Et bien d’autres nuisances graves sur notre environnement comme sur nos finances.
Ce n’est pas un projet d’avenir c’est une menace que tous refusent (cf les manifestations de tout le Haut Var, de la communauté d’Aix, communauté de communes d'Aubagne …)
Même pour la SNCF la LGV devient un gouffre qui ne cesse de plomber les comptes.

Nos amis Niçois ont besoin d'une meilleure desserte ferroviaire. VRAI MAIS...

Réponse: Vrai, mais l’objectif d’un bon temps de parcours pour desservir Nice et désengorger son aéroport n’est pas optimisé par le choix du tracé Métropoles du Sud. Le tracé Côte D’Azur (passage dans le moyen Var) était plus performant, moins cher et plus réaliste.

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