In Libération du 8 décembre 2005 Biodiversité. La ligne TGV Marseille-Nice traverserait la dernière réserve de tortues d'Hermann de l'Hexagone.
Des tortues menacées par la grande vitesse
par Michel HENRY QUOTIDIEN : jeudi 08 décembre 2005
Gonfaron (Var) envoyé spécial
Le futur TGV Côte d'Azur va-t-il porter le «coup de grâce» à la tortue d'Hermann ? C'est ce que craignent les défenseurs de l'animal. Le dernier refuge de cette espèce protégée se trouve dans la plaine des Maures (Var), que pourrait traverser la future LGV (ligne à grande vitesse) qui doit prolonger le TGV Méditerranée vers Nice et dont le tracé exact est attendu pour 2006.
«Veut-on la disparition de la dernière tortue terrestre française ?» s'inquiètent les avocats du «plus vieux vertébré (1 million d'années) qui a survécu aux dinosaures et représente tout le passé de l'humanité».
Tortues-ducs. Pour l'instant, au Village des tortues de Gonfaron, son dernier sanctuaire continental (elle survit aussi en Corse), l'intéressée n'en a cure : elle hiberne et s'agitera au printemps. Les mâles n'auront plus qu'une idée en tête, s'accoupler, le plus de fois possible. Une frénésie sexuelle qui n'assure pas l'avenir de la bête : en liberté, seuls 2 bébés tortues sur 1 000 gardent la vie.
La tortue a disparu des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes, et son périmètre dans le Var, dernier bastion, se restreint. Son aire de répartition et ses effectifs y ont baissé de moitié en douze ans, selon Bernard Devaux, animateur du Village et de la Soptom (1). Le dernier recensement (en 2005) les évalue à 35 000, contre 80 000 en 1992. Entre le ramassage par des particuliers (aujourd'hui contenu), les incendies (le dernier, en 2003, en a tué plusieurs milliers), le défrichement viticole, les golfs, les décharges et l'urbanisation, la tortue est cernée.
Déjà, l'autoroute A57 l'a sonnée et les «tortues-ducs», ces tunnels créés pour l'occasion sous l'autoroute, semblent être un échec : l'animal ne s'y rue pas. Le passage de la LGV Toulon-Nice serait «une catastrophe» puisqu'elle traverserait «la dernière zone riche en tortues d'Hermann», explique Devaux : «On va détruire le milieu et créer un tronçonnement fatal du territoire.»
Résistance. Or la tortue est plus que protégée (convention de Berne, directive «habitats»). Administrateur de la Soptom, Alain Zecchini rappelle que la France est tenue de respecter le droit européen, qui lui impose d'«assurer la conservation» de l'espèce. Guy Berthoud, l'expert mandaté par le comité permanent de la convention de Berne, estime que, «sans contrainte d'aménagement les prenant en compte», la LGV risque de «porter un coup fatal aux dernières populations viables». Il y a donc matière à créer «une résistance», note Devaux.
Embarras. En 1992, la résistance avait marché, contre un projet de circuit Michelin dans la plaine des Maures, abandonné. Cette fois, la mobilisation repart. Plusieurs grands noms (Yves Coppens, Boris Cyrulnik, Jean-Marie Pelt) ont signé un appel pour «impulser d'autres solutions que ce passage d'une LGV».
Lors du débat public sur la LGV (février-juillet 2005), Réseau ferré de France (RFF) a marqué son embarras. «Il est bien évident qu'il y aura une étude spécifique. On pourrait concilier à la fois cet aménagement et cette espèce [de tortues], qui est très importante», assurait son responsable régional. Sans fournir de piste : «Aujourd'hui, on n'a pas de solution. Il en faut une.»
(1) Station d'observation et de protection des tortues et de leurs milieux. BP 24, 83590 Gonfaron. www.tortues.com
Date de création : 08/12/2005 @ 13:52
Dernière modification : 08/12/2005 @ 13:52
Catégorie : Libération Page lue 2835 fois
La LGV, ligne à grande vitesse, en PACA avec ses nombreuses péripéties, est un sujet crucial qui passionne.
Son impact sur nos finances et sur notre environnement et si important qu’elle conditionne notre avenir et nous concerne tous.
1 - Historique de l’association
L’association Stop TGV Coudon a été créée en 2005, à l’issue du débat public, quand nous avons appris que pour rallier Nice, le tracé préféré des décideurs n’était aucun de ceux présentés au débat mais un nouveau tracé perforant le Coudon pour sortir en Viaduc à La Farlède et se diriger vers une gare multimodale située à La Grande Tourrache.
Nous avons été rapidement rejoints par de nombreux adhérents, pour dénoncer ce projet extrêmement dangereux pour nos finances et notre environnement.
Nous avons activement participé aux groupes de travail mis en place par RFF pour dénoncer toutes les contraintes et tous les risques d’une LGV pour le Var et en particulier de ce tracé si dangereux et si onéreux.
2 - Les tracés
Les décideurs avaient proposé au gouvernement un tracé direct Aix Nice, le long du couloir de nuisance créée par l’autoroute A8, tracé jugé moins nuisant et plus réaliste.
Mais devant la levée de boucliers des élus concernés ("pas de ça chez nous !"), le gouvernement a nommé un médiateur qui a favorisé le choix final pour le tracé sud, appelé aussi tracé littoral ou des métropoles du Sud.
Le fuseau de passage proposé mesure actuellement 7 kilomètres de large. En fonction du positionnement de la gare dans l'agglomération toulonnaise et des conclusions des études techniques, il sera réduit à 500 mètres pour la déclaration d'utilité publique.
Comment ne pas redouter que la LGV perfore les montagnes et balafre les plaines et les vignobles à l’Est de Toulon comme à l’Ouest ?
Nous devons rester éveillés, vigilants et très mobilisés.
3 - Le bilan
A l’heure du Grenelle de l’environnement, nous pensons que ce projet n’est pas écologique.
-Le gain de temps n’est pas suffisant pour assurer un report modal de l’avion vers le train.
Même si les gares étaient au centre ville, rapidement accessibles, ce qui est loin d’être acquis,
Le train ne serait toujours pas concurrentiel.
-Le coût est déraisonnable, largement à la charge des collectivités et des contribuables, peut-être de l’ordre de 10000 euros par foyer fiscal, il condamnerait tous les autres projets.
Faut-il dépenser tant de milliards pour gagner quelques minutes ?
-L’impact sur notre environnement et cadre de vie est trop important.
Compte tenu de son emprise ce projet impacte gravement nos paysages, les zones rurales comme sur les zones urbaines qu’il expose à une pollution sonore et visuelle.
Il menace la nappe phréatique ainsi que des zones et espèces protégées comme la plaine des Maures.
Le bilan avantages inconvénients condamne ce projet où qu’il passe ( nous refusons toute guerre de sécession, nordistes ou sudistes nous sommes tous varois et contribuables donc solidaires).
4 - Conclusion
C’est un projet politique qui ne répond pas aux attentes de la plupart des varois, qui ne veulent pas regarder passer les trains et qui n’ont pas besoin de la grande vitesse pour se déplacer au sein de leur région.
C’est pourquoi nous proposons des solutions alternatives et l’amélioration rapide, urgente du réseau TER,
Encore 2 mots : vigilance et mobilisation.
La LGV, ligne à grande vitesse, en PACA avec ses nombreuses péripéties, est un sujet crucial qui passionne.
Son impact sur nos finances et sur notre environnement et si important qu’elle conditionne notre avenir et nous concerne tous.
1 - Historique de l’association
L’association Stop TGV Coudon a été créée en 2005, à l’issue du débat public, quand nous avons appris que pour rallier Nice, le tracé préféré des décideurs n’était aucun de ceux présentés au débat mais un nouveau tracé perforant le Coudon pour sortir en Viaduc à La Farlède et se diriger vers une gare multimodale située à La Grande Tourrache.
Nous avons été rapidement rejoints par de nombreux adhérents, pour dénoncer ce projet extrêmement dangereux pour nos finances et notre environnement.
Nous avons activement participé aux groupes de travail mis en place par RFF pour dénoncer toutes les contraintes et tous les risques d’une LGV pour le Var et en particulier de ce tracé si dangereux et si onéreux.
2 - Les tracés
Les décideurs avaient proposé au gouvernement un tracé direct Aix Nice, le long du couloir de nuisance créée par l’autoroute A8, tracé jugé moins nuisant et plus réaliste.
Mais devant la levée de boucliers des élus concernés ("pas de ça chez nous !"), le gouvernement a nommé un médiateur qui a favorisé le choix final pour le tracé sud, appelé aussi tracé littoral ou des métropoles du Sud.
Le fuseau de passage proposé mesure actuellement 7 kilomètres de large. En fonction du positionnement de la gare dans l'agglomération toulonnaise et des conclusions des études techniques, il sera réduit à 500 mètres pour la déclaration d'utilité publique.
Comment ne pas redouter que la LGV perfore les montagnes et balafre les plaines et les vignobles à l’Est de Toulon comme à l’Ouest ?
Nous devons rester éveillés, vigilants et très mobilisés.
3 - Le bilan
A l’heure du Grenelle de l’environnement, nous pensons que ce projet n’est pas écologique.
-Le gain de temps n’est pas suffisant pour assurer un report modal de l’avion vers le train.
Même si les gares étaient au centre ville, rapidement accessibles, ce qui est loin d’être acquis,
Le train ne serait toujours pas concurrentiel.
-Le coût est déraisonnable, largement à la charge des collectivités et des contribuables, peut-être de l’ordre de 10000 euros par foyer fiscal, il condamnerait tous les autres projets.
Faut-il dépenser tant de milliards pour gagner quelques minutes ?
-L’impact sur notre environnement et cadre de vie est trop important.
Compte tenu de son emprise ce projet impacte gravement nos paysages, les zones rurales comme sur les zones urbaines qu’il expose à une pollution sonore et visuelle.
Il menace la nappe phréatique ainsi que des zones et espèces protégées comme la plaine des Maures.
Le bilan avantages inconvénients condamne ce projet où qu’il passe ( nous refusons toute guerre de sécession, nordistes ou sudistes nous sommes tous varois et contribuables donc solidaires).
4 - Conclusion
C’est un projet politique qui ne répond pas aux attentes de la plupart des varois, qui ne veulent pas regarder passer les trains et qui n’ont pas besoin de la grande vitesse pour se déplacer au sein de leur région.
C’est pourquoi nous proposons des solutions alternatives et l’amélioration rapide, urgente du réseau TER,
Encore 2 mots : vigilance et mobilisation.