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J' mon terroir, je dis NON à la LGV / LNPCA

aiglenoir.gifL'Humanité - Ruée vers le Sud


http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-09-25/2005-09-25-814704


Ce que nous révèle la ruée vers le Sud

Championnes de la croissance démographique, les quatre régions du Grand Sud doivent répondre à deux défis majeurs : l’organisation rationnelle de l’espace et la croissance des emplois autres qu’intérimaires.

Ce n’est pas la ruée vers l’or, avec ses millions de chariots redessinant, au fur et à mesure de leur marche vers l’Ouest, l’Amérique du XIXe siècle. Non, c’est la France du XXIe siècle qui se redéploie, à la recherche d’un précieux métal nommé qualité de vie. Le phénomène n’est pas nouveau. Il se confirme, voire s’amplifie, comme le prouvent les chiffres publiés cette année par l’INSEE. Là aussi, les mouvements se chiffrent en millions. Entre 1999 et 2004, près de deux individus sur cent ont changé de région. En tout, 4 millions de Français ont déménagé en franchissant les frontières régionales, soit un déménagement sur cinq. La France n’avait pas connu de migrations internes aussi importantes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Direction ? Un peu vers l’ouest du pays, beaucoup vers le sud. Le tiercé gagnant : Languedoc-Roussillon, Aquitaine et Midi-Pyrénées, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur s’impatientant au pied du podium.

Sur les cinq millions d’habitants supplémentaires que comptera la France d’ici vingt-cinq ans, les quatre régions formant ce Grand Sud en absorberont, à elles seules, la moitié. À part l’Aquitaine, déficitaire chez les 20-29 ans, les autres régions sudistes enregistrent des soldes migratoires positifs dans toutes les tranches d’âge. Voilà pour les statistiques. La suite est forcément politique, car les défis posés par cette ruée vers le sud sont évidemment immenses. Quels choix pour cette microsociété sudiste. Aux yeux des spécialistes comme des responsables politiques, deux enjeux semblent prioritaires.

1. L’occupation et l’organisation de l’espace

C’est une évidence, voire une lapalissade : les nouveaux arrivants ne se répartissent pas également sur le territoire. En Midi-Pyrénées, Toulouse agit comme un aimant. La Ville rose accueille actuellement 40 % des habitants de la région. En 2030, avec 1,5 million d’habitants, un habitant sur deux résidera dans la capitale régionale et son agglomération. Pour l’instant, croissance démographique équivaut donc à développement des villes, mais surtout à étalement urbain. Les experts ont baptisé ce phénomène « métropolisation de l’espace ». En Languedoc-Roussillon, ce phénomène se décline en « littoralisation ».

Or le « modèle » actuel d’urbanisation incontrôlée dévoreur d’espaces ne pourra pas faire de vieux os. Entre Nîmes et Perpignan, comme le rappelle Jean-Paul Boré, vice-président (PCF) du conseil régional, chaque habitant « consomme »,

tous services confondus, 420 m2 contre 260 m2 au début des années quatre-vingt. Dans dix ans, les prévisions tablent sur 600 m², alors que la région la plus attractive de France comptera 300 000

habitants supplémentaires. Chez les voisins provençaux, le maintien du rythme actuel conduirait à la disparition de toute terre agricole d’ici quelques décennies. Plus à l’ouest, les zones urbaines de Bordeaux et d’Arcachon, dont les centres-villes sont distants de 63 kilomètres, ne vont pas tarder à se toucher. On voit bien, à travers ces exemples, qu’il ne s’agit pas d’une simple question d’aménagement du territoire.

Si l’on voulait caricaturer, à peine, on pourrait affirmer que le « rêve sudiste » se décline de plus en plus selon le « modèle américain » : maison individuelle avec jardin dans des lotissements, une ou deux voitures pour se rendre sur son lieu de travail. Outre les immenses problèmes de déplacement et d’environnement que cela engendre, ce type de segmentation de l’habitat selon les catégories salariales conduit à la territorialisation de la fracture sociale. Face à ces dérives, quelques collectivités locales et territoriales commencent à se doter d’établissements publics pour maîtriser le foncier et entendent utiliser pleinement les PLU (plans locaux d’urbanisme). Avec comme objectif la densification, qui pourrait permettre de conjuguer mixité sociale et cohabitation des zones d’habitat et d’emploi. Cela suffira-t-il pour inverser la tendance ?

2. L’emploi

Pierre Delfaud, professeur d’économie à l’université de Bordeaux-IV, appelle cela le « paradoxe de l’emploi ». Un haut fonctionnaire languedocien parle de « miroir aux alouettes ». Peu importe la formule, la réalité est celle-ci : plus d’habitants, plus d’emplois, mais un taux de chômage élevé.

En 2003, seules quatre régions ont enregistré un taux de croissance de l’emploi positif : Languedoc-Roussillon (+ 1,3 %), la Corse (+ 1,2 %), Midi-Pyrénées (+ 0,6 %) et PACA (+ 0,5 %). Cette croissance est principalement nourrie par le tertiaire et la construction, ce dernier secteur totalisant à lui seul un quart de l’augmentation totale. Alors, quand le bâtiment va, tout va ? Regardons les taux de chômage : autour de 11 % en Midi-Pyrénées et en Aquitaine, soit dans la moyenne nationale, 14,5 % en PACA.

Le Languedoc-Roussillon incarne ce paradoxe : médaille d’or de la croissance démographique, la région décroche le bronze en matière de créations d’emplois, mais reste la lanterne rouge en matière de chômage. Depuis 1990, le produit intérieur brut régional a certes augmenté de 30 % contre 25 % dans le Nord - Pas-de-Calais, mais le Languedoc-Roussillon n’a pas créé de richesses supplémentaires par habitant. Plus d’emplois mais pas plus de richesses ? Explication : l’explosion du temps partiel. Illustration avec Narbonne.

Côté pile : le pays de la Narbonnaise concentre un tiers de la population et des emplois de l’Aude et connaît une importante migration de jeunes diplômés.

Côté face : progression des emplois précaires et du chômage, tandis qu’un habitant sur huit bénéficie du versement d’un minimum social. En PACA, les trois quarts de l’augmentation des services opérationnels proviennent de l’intérim. En 2003, une création nette d’emploi salarié sur trois est un emploi intérimaire. En cinq ans, l’intérim a presque doublé dans la région.

Alors, le Sud, « miroir aux alouettes » ou miroir d’une société ?

Christophe Deroubaix

Article paru dans l'édition du 25 septembre 2005.


Rédacteur AigleNoir
Date de création : 26/09/2005 @ 08:11
Dernière modification : 24/11/2014 @ 00:26
Catégorie : L'Humanité
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Contre l'intox

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Je ne suis pas concerné car je n’habite pas sur le tracé FAUX !

Réponse: Même si le bruit peut porter très loin, la LGV ne devrait pas perturber au-delà de 10KM. Sauf que des villes comme Le Revest, La Valette, La Farlède, La Crau …restent dans ce périmètre.
Si certains pourront échapper à la pollution sonore, tous subiront son coût.
Comme l’état se désengage et l’Europe ne s’engage pas, c’est la région qui devra payer une bonne partie de l’addition qui s’élevait déjà en 2009 à 15 000 millions d’euros.
Par exemple, un contribuable de La Coupiane, à La Valette va payer 3 fois: une fois au titre de la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée, une fois au titre du Conseil général du Var et une fois au titre du Conseil régional PACA. Notre imposition va donc exploser.

Le maire de ma commune me l’a promis, le tracé ne passe pas par chez nous FAUX !

Réponse: Les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Actuellement le fuseau MDS (Métropoles du Sud ) a été choisi, les études techniques sont en cours, de nombreux sondages de sols seront effectués et la déclaration d’utilité publique n’aura lieu que vers 2014, elle comprendra alors un fuseau étroit de 500 m. D'ici là, Stop TGV Coudon, en contact permanent avec RFF (Réseau Ferré de France) communiquera sur ce site les information à sa connaissance.
A ce stade des études, personne ne connaît le tracé qui sera retenu en fonction d'impératifs techniques.
On peut juste faire des suppositions, à partir des études réalisées par l’ AUDAT (agence d’urbanisme de l’Aire Toulonnaise).

Le classement du COUDON du 9 décembre 2010 empêche le passage de la LGV. FAUX !

Réponse: Malheureusement non, le classement ne peut pas empêcher le passage de la ligne à grande vitesse.
La LGV est dite d’utilité publique aussi elle peut passer sur des sites protégés, classés, comme le Coudon ou les Maures.
Partout en France RFF a construit des ouvrages qui empiètent sur des zones classées.
Il a par contre plus de contraintes à respecter et donc un coût supplémentaire à construire dans ces zones.
C’est pourquoi STOPTGVCOUDON était très favorable au classement du Coudon et est intervenu auprès du commissaire enquêteur pour l'appuyer..

Cette LGV PACA, c'est l'avenir. FAUX !

Réponse: Pour tout projet il convient de faire un bilan avantages inconvénients.
 La LGV PACA apporterait un gain de 8 minutes sur un trajet Paris Toulon mais une délocalisation probable de la gare vers la périphérie même si la situation actuelle d’une gare au centre ville est satisfaisante pour les voyageurs. Et bien d’autres nuisances graves sur notre environnement comme sur nos finances.
Ce n’est pas un projet d’avenir c’est une menace que tous refusent (cf les manifestations de tout le Haut Var, de la communauté d’Aix, communauté de communes d'Aubagne …)
Même pour la SNCF la LGV devient un gouffre qui ne cesse de plomber les comptes.

Nos amis Niçois ont besoin d'une meilleure desserte ferroviaire. VRAI MAIS...

Réponse: Vrai, mais l’objectif d’un bon temps de parcours pour desservir Nice et désengorger son aéroport n’est pas optimisé par le choix du tracé Métropoles du Sud. Le tracé Côte D’Azur (passage dans le moyen Var) était plus performant, moins cher et plus réaliste.

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