✉ Contact

J' mon terroir, je dis NON à la LGV / LNPCA

La Provence - Marseille : la gare Saint-Charles souterraine enterrée ?


L'hypothèse d'un nouveau calendrier pour la Ligne nouvelle repousse un peu plus le projet de gare Saint-Charles

Déjà vaporeuse eu égard à la perspective lointaine de sa réalisation (à l'horizon 2030), la gare Saint-Charles souterraine est en train de devenir évanescente... Mardi à Marseille, la ministre des Transports, Élisabeth Borne a sans doute acté un nouveau report de ce projet censé dénouer le noeud ferroviaire de Marseille, en demandant aux élus de revoir les priorités et de "rephaser" les projets. En clair, relancer la machine administrative pour établir un nouveau calendrier.


"Le leitmotiv du gouvernement, c'est de dire qu'il manque 10 milliards d'euros pour financer les projets actés et qu'il faut définir les vraies priorités pour pouvoir les finaliser", résume l'un des participants aux Rencontres des transports publics, où la ministre a prononcé son discours mardi.


Pour Gilles Marcel, président de l'association d'usagers Noster Paca et de FNE Paca, "ce n'est pas une grosse surprise. Après les annonces de l'été de Nicolas Hulot et Élisabeth Borne, j'avais déjà dit au Ceser (Conseil économique, social et environnemental régional) que ce serait déjà bien si on arrivait à sauver la priorité 1". Celle qui concerne, justement, le passage en souterrain de la gare marseillaise (voir ci-dessous). "Il y a 40 ou 50 ans, la problématique de la gare Saint-Charles était déjà pointée. Lorsque la LGV Méditerranée est arrivée, au début des années 2000, la question de l'incompatibilité avec les autres trains s'est renforcée, rappelle le militant associatif. Il avait déjà été envisagé de faire arriver les TGV sur une estacade." Conclusion : "Il faut garder la priorité sur la gare en souterrain pour gagner des trains du quotidien."


Dans un contexte où l'argent public se fait rare, ce revirement peut toutefois étonner lorsqu'on se souvient qu'Emmanuel Macron a aussi dit qu'il voulait privilégier l'investissement dans ces transports du quotidien plutôt que dans les grandes infrastructures. Or, le projet provençal semble justement correspondre à ce besoin de trains de proximité. "On a toujours dit qu'il fallait que ce projet de Ligne nouvelle soit axé sur les transports du quotidien et on reste ferme sur cette position", reprend Gilles Marcel.
Un nouvel aléa s'est mêlé à ce dossier avec le départ surprise pour le Rhône du préfet de région Stéphane Bouillon. Or, c'est le représentant de l'État qui convoque le comité de pilotage et globalement coordonne les acteurs de cette Ligne nouvelle. Le projet est-il totalement enterré ? "Il faudra attendre les résultats des assises de la mobilité, qui seront rendus en janvier", pronostique un connaisseur du dossier. "On n'est pas opposés à un sous-phasage dès lors qu'on aura la garantie d'avoir au moins un résultat", conclut Gilles Marcel, qui rappelle "qu'on parlait déjà de la troisième voie entre Marseille et Aubagne, inaugurée il y a deux ans, en 1953"..

Une gare bientôt à bout de souffle


Les derniers travaux de rénovation de la gare Saint-Charles, livrés en 2001 et 2007, furent principalement axés sur l'accessibilité, la sécurité et la fonctionnalité du lieu. Les derniers gros chantiers destinés à augmenter sa capacité ferroviaire eurent lieu dans les années 70 et 80 pour porter sa capacité à 16 voies. L'arrivée de la LGV Méditerranée, il y a quinze ans, a fait bondir sa fréquentation : de 7,7 millions en 2002, le nombre de voyageurs qui y transitent chaque année est passé à 12,2 millions en 2016. Et la SNCF prévoit que "dans les dix prochaines années, la gare de Marseille Saint-Charles devra permettre d'accueillir plus de 20 millions de voyageurs par an". 236 trains convergent chaque jour sur le plateau situé en plein centre-ville. Mais ses 16 voies à quai, en impasse, vont bientôt devenir un inconvénient insurmontable pour continuer à augmenter le trafic. D'où l'idée, pour que Marseille ne soit plus un cul-de-sac ferroviaire, de créer une gare souterraine sous l'actuelle, tout en conservant en surface le réseau actuel. Si d'aventure la nouvelle gare ne se faisait pas, Saint-Charles pourrait se retrouver, à moyen terme, à bout de souffle.


L'analyse : "La commission Duron va étudier le dossier"

Patrick Jeantet, président de SNCF Réseau, l'ex-RFF. "La priorité est la remise en état du réseau."


La gare Saint-Charles aura-t-elle sa partie souterraine ? La réponse, jusqu'ici liée au projet d'une ligne nouvelle, n'a plus rien d'évident. Pourquoi ? Parce que le contexte a changé. Patrick Jeantet, rencontré lors des 26e Rencontres du Transport Public, l'explique.


"La priorité donnée durant de longues années à la grande vitesse n'a pas permis de disposer des moyens suffisants qui pourraient être affectés aux lignes classiques. D'où, depuis trois ans, le choix de réinvestir dans le réseau classique. On peut dire que nous avons 30 ans de sous investissement à rattraper et que la remise à niveau va demander de 10 à 15 ans. Il va donc falloir être patient. L'âge moyen du réseau français est de 31 ans et les efforts opérés commencent à l'infléchir. Mais on reste loin de l'âge moyen normal qui est de 17 à 20 ans". Un âge moyen qui pour Paca est d'environ 33 ans. "C'est pourquoi dans cette région, SNCF Réseau investit un peu moins de 200 millions par an".


Cet effort appelé à durer sur au moins dix ans, est différent des projets qui concernent le réseau secondaire et sont financés via le contrat de plan État-Région. C'est dans ce cadre que s'inscrit le projet phare de renforcement de la ligne Aix-Marseille qui démarrera à l'été 2018. Un investissement de 180 millions d'euros dont l'objectif est de passer de trois trains à quatre trains par heure en pointe. Un chantier appelé à se dérouler jusqu'en octobre 2021 et qui se traduira par un trafic supplémentaire pour la gare Saint-Charles.


"Pour ce qui concerne la ligne nouvelle, il a été décrété une pause, reprend Patrick Jeantet. Mais comme l'a dit Elisabeth Borne, la ministre des Transports, pause n'est pas nécessairement un arrêt. Une commission a été installée, avec à sa tête le sénateur Philippe Duron. Elle fera des propositions en matière de grands projets. On verra alors quels seront les éventuels infléchissements à l'aune de la stratégie du gouvernement qui est de dire : on doit se concentrer sur les transports du quotidien, sur les réseaux existants et les renforcer. Il est donc trop tôt pour dire ce qui va se passer".


"Pour ce qui concerne les noeuds ferroviaires dont fait partie la gare Saint-Charles, ils sont au coeur du transport du quotidien. Les plans de voie de ces noeuds sont anciens et il y a des problèmes d'exploitation. Marseille en est l'exemple. Donc il y aura nécessairement un projet sur Marseille. Il est déjà clair qu'il faudra réorganiser la gare de surface. C'est le minima. Ce que dira la commission Duron, c'est quid de la gare souterraine, jusqu'où et quand. C'est ce qui va être étudié".


La menace pèse aussi sur les "Quartiers libres"


C'est une opération innovante. Avec "Quartiers libres", la Ville de Marseille a voulu innover localement en lançant un programme urbanistique autour du quartier de la Belle-de-Mai qui associerait au maximum l'ensemble des habitants. Un projet imaginé dès que le projet de Ligne nouvelle a été annoncé. Laure-Agnès Caradec, adjointe LR à l'urbanisme, rappelle que "le projet est basé sur deux aspects : d'une part, la possibilité de disposer du foncier des casernes et de l'intégrer dans un périmètre de 140 hectares, d'autre part sur la reconfiguration de Saint-Charles pour en faire un quartier de gare métropolitaine, comme toutes les villes en ont. On peut faire en sorte que la gare soit accessible à 360º et avoir une esplanade qui se prolonge vers les casernes, pour en faire un quartier central de la ville".
Autant dire qu'un éventuel report menacerait sérieusement "Quartiers libres", qui a déjà bien avancé : "Aujourd'hui, c'est incompréhensible que l'État ne s'engage pas plus fort sur ce dossier. Ce n'est pas possible. On s'était donné un calendrier. Il y a trop d'enjeux pour qu'on reporte une fois de plus le projet."


Sylvain Pignol

Source La Provence 16 octobre 2014


Rédacteur webMaster
Date de création : 17/10/2017 @ 20:59
Dernière modification : 17/10/2017 @ 20:59
Catégorie : La Provence
Page lue 40 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article

COLAC

Collège des acteurs

COPIL

Fermer Communiqué de presse

Fermer Compte-rendu

Fermer Présentations

Fermer Variantes

Thèmatiques
Dossiers
Chronologie
Documents en stock
Médiation 2008
Notre dossier décideurs
Visites

 932166 visiteurs

 6 visiteurs en ligne

Contre l'intox

Contre l'intox, quelques vérités.
Ne vous laissez pas manipuler.
Indignez-vous !


Je ne suis pas concerné car je n’habite pas sur le tracé FAUX !

Réponse: Même si le bruit peut porter très loin, la LGV ne devrait pas perturber au-delà de 10KM. Sauf que des villes comme Le Revest, La Valette, La Farlède, La Crau …restent dans ce périmètre.
Si certains pourront échapper à la pollution sonore, tous subiront son coût.
Comme l’état se désengage et l’Europe ne s’engage pas, c’est la région qui devra payer une bonne partie de l’addition qui s’élevait déjà en 2009 à 15 000 millions d’euros.
Par exemple, un contribuable de La Coupiane, à La Valette va payer 3 fois: une fois au titre de la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée, une fois au titre du Conseil général du Var et une fois au titre du Conseil régional PACA. Notre imposition va donc exploser.

Le maire de ma commune me l’a promis, le tracé ne passe pas par chez nous FAUX !

Réponse: Les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Actuellement le fuseau MDS (Métropoles du Sud ) a été choisi, les études techniques sont en cours, de nombreux sondages de sols seront effectués et la déclaration d’utilité publique n’aura lieu que vers 2014, elle comprendra alors un fuseau étroit de 500 m. D'ici là, Stop TGV Coudon, en contact permanent avec RFF (Réseau Ferré de France) communiquera sur ce site les information à sa connaissance.
A ce stade des études, personne ne connaît le tracé qui sera retenu en fonction d'impératifs techniques.
On peut juste faire des suppositions, à partir des études réalisées par l’ AUDAT (agence d’urbanisme de l’Aire Toulonnaise).

Le classement du COUDON du 9 décembre 2010 empêche le passage de la LGV. FAUX !

Réponse: Malheureusement non, le classement ne peut pas empêcher le passage de la ligne à grande vitesse.
La LGV est dite d’utilité publique aussi elle peut passer sur des sites protégés, classés, comme le Coudon ou les Maures.
Partout en France RFF a construit des ouvrages qui empiètent sur des zones classées.
Il a par contre plus de contraintes à respecter et donc un coût supplémentaire à construire dans ces zones.
C’est pourquoi STOPTGVCOUDON était très favorable au classement du Coudon et est intervenu auprès du commissaire enquêteur pour l'appuyer..

Cette LGV PACA, c'est l'avenir. FAUX !

Réponse: Pour tout projet il convient de faire un bilan avantages inconvénients.
 La LGV PACA apporterait un gain de 8 minutes sur un trajet Paris Toulon mais une délocalisation probable de la gare vers la périphérie même si la situation actuelle d’une gare au centre ville est satisfaisante pour les voyageurs. Et bien d’autres nuisances graves sur notre environnement comme sur nos finances.
Ce n’est pas un projet d’avenir c’est une menace que tous refusent (cf les manifestations de tout le Haut Var, de la communauté d’Aix, communauté de communes d'Aubagne …)
Même pour la SNCF la LGV devient un gouffre qui ne cesse de plomber les comptes.

Nos amis Niçois ont besoin d'une meilleure desserte ferroviaire. VRAI MAIS...

Réponse: Vrai, mais l’objectif d’un bon temps de parcours pour desservir Nice et désengorger son aéroport n’est pas optimisé par le choix du tracé Métropoles du Sud. Le tracé Côte D’Azur (passage dans le moyen Var) était plus performant, moins cher et plus réaliste.

En voir plus... En voir plus...

Nos informations les plus lues

Tract mai 2009 : 10 raisons objectives pour rejeter le scénario des « Métropoles du Sud » TGV : les viticulteurs ont le train triste GRAPACA Journal régional de FR3 le 19 octobre 2012 Fuseau en 3D c2-d2-e1-f1 En Navarre, une étude conclut sur la LGV "non rentable, et non verte" Bulletin du Revest Après le TGV Rhin-Rhône, les lignes qui se feront... et les autres TGV Rhin Rhône : Le Lyon-Turin en danger ? Bienvenue chez les Gautier, à six mètres de la ligne TGV LGV Paca : une ligne nouvelle sur les rails en 2040 ? Schéma des variantes Une campagne pour faire dérailler le train 7 juillet 2014 Discours des représentants des agriculteurs - manif 10 décembre AG La Farlède 30 novembre 2012 Locale Toulon 6 février 2013 Fiches des variantes Toulon Bilan CNDP En Navarre, une étude conclut sur la LGV "non rentable, et non verte" Fuseau Cuges-Ollioules RCF 13 septembre 2011 LGV : les tracés qui effraient en Provence verte Les anti-LGV repartent au combat Fuseau en 3D c3-d6-e2-f1 LN PCA/LGV PACA : toujours le même projet. 11 juillet 2011 9 janvier 2013 12 juillet 2012 TGV Rhin-Rhône : les Alsaciens vont-ils payer ? Frédéric Cuvillier veut "mettre de l'ordre dans le Snit" FR3 Locale Toulon du 19 octobre 2012 Manif à Turin : ils étaient 30.000 LGV PACA une erreur d'aiguillage ? Poursuite des études sur la LGV PACA LGV PACA : le vrai débat commence maintenant Des coupes claires à venir dans les projets TGV Fuseau en 3D c4-d1-e5-f2 Fuseau Toulon-Pierrefeu Tracé du Beausset à Solliès TGV Est : du champ de fleurs au champ de bataille Fuseau en 3D c4-d1-e2-f1 JT FR3 Locale Toulon 12 juillet 2012 La SNGC privée de LGV On reparle de la LGV Locale Toulon 7 septembre 2012 Tracé Nord de la LGV : Copil 12 juillet 2012 Compte-rendu COTER 7 décembre 2011
Haut Bas