✉ Contact

J' mon terroir, je dis NON à la LGV / LNPCA

Médiapart - Comment la SNCF saborde pour près d’un milliard d’euros de matériel tractant


L’image est saisissante : des centaines de locomotives réformées, dont des dizaines en état de rouler, se pressent, tampons contre tampons, à perte de vue, dans la gare de triage de Sotteville-lès-Rouen. Les élus locaux et les cheminots parlent de cimetière et dénoncent depuis 2015 un gaspillage organisé d’argent public. L’État actionnaire ne fait rien.

Les voyageurs du Rouen-Paris passent à côté sans nécessairement y prêter attention, alors que du haut de ces engins plus ou moins rouillés et peinturlurés, plusieurs centaines de millions d’euros les contemplent. Dans le genre motrices de fret et de transport de voyageurs (TGV inclus), il y a un peu de tout (revue de détail ici), et de plusieurs époques (des années 1960 aux années 1990), pour qui voudrait faire son marché de modèles historiques à l’échelle 1. Chacune de ces motrices a coûté à l’achat entre plusieurs centaines de milliers et plusieurs millions de francs. Faites la somme, convertissez en euros et vous serez en droit de contester la hausse continue des tarifs et de rire à la face de Guillaume Pépy s’il vous parle de la contribution de son entreprise au développement du ferroutage. Cela aurait pu être un dépôt à ciel ouvert dans l’attente de réparations avant remploi ou une banque de pièces de rechange, mais cela s’apparente plutôt à un parc d’accapareur ferroviaire qui préfère laisser pourrir sur bogies des machines opérationnelles ou démontables.


Le soupçon est là, tenace, d’un refus de location ou de vente en occasion à la concurrence de ces matériels présentés comme « radiés » ou « en réparation différée ». La défense de la SNCF n’a pas su le dissiper. Les locomotives contiendraient, prétend-elle, des composants amiantés et leur remise en état serait trop onéreuse. Fort bien : si ces machines sont des pestilences roulantes, pourquoi les exposer à l’air libre à proximité des habitations et au dépeçage par les trafiquants de métaux ? Gregory Laloyer, secrétaire régional à la CGT cheminot, réclamait en 2015 une explication un peu plus substantielle, ce à quoi il lui fut répondu que ce type « d’information à caractère commercial » n’est pas du ressort des syndicats. Réponse savoureuse comme un retour de flocage en pleine figure : il nous avait semblé, aux dires de la SNCF elle-même, que la question était d’ordre sanitaire et non commercial, et voilà que non, il s’agirait bien d’une question commerciale, ce qui confirme le soupçon. Il arrive aux communicants de déminer les situations délicates à l’explosif.


Car la situation est explosive. D’abord pour l’État, engagé volontaire – mais avec les ouragans et les assureurs au train – dans la lutte contre le réchauffement climatique d’origine anthropique et donc contre l’économie suicidaire du moteur à explosion. L’État, unique actionnaire de la SNCF, a son mot à dire. Il l’a d’ailleurs dit, par la bouche de Ségolène Royal, alors ministre de l’environnement, sommant la SNCF de « laisser la possibilité à d’autres opérateurs d’utiliser ces locomotives, notamment dans le cadre de la conférence sur la relance du fret ». La mise en demeure s’est effritée comme du papier hygiénique sur le ballast sous un crachin d’automne. L’État, en ne faisant strictement rien, non seulement se déjuge face à l’urgence, mais fragilise un parc tractant qui, en période de disette budgétaire, si les machines réformées roulaient, lui permettrait au moins de limiter les pertes. Et que dire du gaspillage d’argent public que cela représente ? La région, qui a financé les nouveaux ateliers de maintenance tout proches et une filière de formation spécifique, en a le pantographe qui lui reste en travers de la gorge. Bref, avec la SNCF, le camion est porteur et le train à la remorque.  


La situation est également explosive pour les salariés de la SNCF, notamment ceux du fret, dont les effectifs normands ont fondu plus vite que ne rouillent leurs locomotives abandonnées sans soins, passant de 600 agents en 2010 à 180 en 2015. Les pannes, les retards et autres incidents de réseau se multiplient, faute de pouvoir utiliser les motrices du parc sottevillais comme matériel de secours, dans l’attente de la livraison de nouvelles motrices. C’est à se demander si la SNCF ne crée pas elle-même les conditions d’une faillite du secteur.


La situation est enfin explosive pour les riverains de ce qui, à la longue, pourrait bien devenir une immense casse ferroviaire et un pot-pourri toxique par défaut d’entretien et non pas seulement d’usage.  


Se pourrait-il que l’État, dans le cas de la SNCF, s’inspire d’un privilège du secteur privé, l’abusus, qui permet à l’actionnaire de détruire ou d’affaiblir sciemment tout ou partie de l’entreprise dont il est propriétaire s’il escompte de l’opération un gain supérieur à la simple jouissance de ses dividendes ? Mais quel serait alors ce gain ? Énigme schumpétérienne adressée aux générations futures, pour autant qu’il y ait encore pour nous un futur, à brève échéance


Source Mediapart 12 septembre 2017


Rédacteur webMaster
Date de création : 20/09/2017 @ 15:01
Dernière modification : 20/09/2017 @ 15:03
Catégorie : Médiapart
Page lue 157 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article

COLAC

Collège des acteurs

COPIL

Fermer Communiqué de presse

Fermer Compte-rendu

Fermer Présentations

Fermer Variantes

Thèmatiques
Dossiers
Chronologie
Documents en stock
Médiation 2008
Notre dossier décideurs
Visites

 939716 visiteurs

 2 visiteurs en ligne

Contre l'intox

Contre l'intox, quelques vérités.
Ne vous laissez pas manipuler.
Indignez-vous !


Je ne suis pas concerné car je n’habite pas sur le tracé FAUX !

Réponse: Même si le bruit peut porter très loin, la LGV ne devrait pas perturber au-delà de 10KM. Sauf que des villes comme Le Revest, La Valette, La Farlède, La Crau …restent dans ce périmètre.
Si certains pourront échapper à la pollution sonore, tous subiront son coût.
Comme l’état se désengage et l’Europe ne s’engage pas, c’est la région qui devra payer une bonne partie de l’addition qui s’élevait déjà en 2009 à 15 000 millions d’euros.
Par exemple, un contribuable de La Coupiane, à La Valette va payer 3 fois: une fois au titre de la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée, une fois au titre du Conseil général du Var et une fois au titre du Conseil régional PACA. Notre imposition va donc exploser.

Le maire de ma commune me l’a promis, le tracé ne passe pas par chez nous FAUX !

Réponse: Les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Actuellement le fuseau MDS (Métropoles du Sud ) a été choisi, les études techniques sont en cours, de nombreux sondages de sols seront effectués et la déclaration d’utilité publique n’aura lieu que vers 2014, elle comprendra alors un fuseau étroit de 500 m. D'ici là, Stop TGV Coudon, en contact permanent avec RFF (Réseau Ferré de France) communiquera sur ce site les information à sa connaissance.
A ce stade des études, personne ne connaît le tracé qui sera retenu en fonction d'impératifs techniques.
On peut juste faire des suppositions, à partir des études réalisées par l’ AUDAT (agence d’urbanisme de l’Aire Toulonnaise).

Le classement du COUDON du 9 décembre 2010 empêche le passage de la LGV. FAUX !

Réponse: Malheureusement non, le classement ne peut pas empêcher le passage de la ligne à grande vitesse.
La LGV est dite d’utilité publique aussi elle peut passer sur des sites protégés, classés, comme le Coudon ou les Maures.
Partout en France RFF a construit des ouvrages qui empiètent sur des zones classées.
Il a par contre plus de contraintes à respecter et donc un coût supplémentaire à construire dans ces zones.
C’est pourquoi STOPTGVCOUDON était très favorable au classement du Coudon et est intervenu auprès du commissaire enquêteur pour l'appuyer..

Cette LGV PACA, c'est l'avenir. FAUX !

Réponse: Pour tout projet il convient de faire un bilan avantages inconvénients.
 La LGV PACA apporterait un gain de 8 minutes sur un trajet Paris Toulon mais une délocalisation probable de la gare vers la périphérie même si la situation actuelle d’une gare au centre ville est satisfaisante pour les voyageurs. Et bien d’autres nuisances graves sur notre environnement comme sur nos finances.
Ce n’est pas un projet d’avenir c’est une menace que tous refusent (cf les manifestations de tout le Haut Var, de la communauté d’Aix, communauté de communes d'Aubagne …)
Même pour la SNCF la LGV devient un gouffre qui ne cesse de plomber les comptes.

Nos amis Niçois ont besoin d'une meilleure desserte ferroviaire. VRAI MAIS...

Réponse: Vrai, mais l’objectif d’un bon temps de parcours pour desservir Nice et désengorger son aéroport n’est pas optimisé par le choix du tracé Métropoles du Sud. Le tracé Côte D’Azur (passage dans le moyen Var) était plus performant, moins cher et plus réaliste.

En voir plus... En voir plus...

Nos informations les plus lues

LGV PACA : le vrai débat commence maintenant La SNGC privée de LGV Fuseau en 3D c3-d6-e2-f1 RCF 13 septembre 2011 11 juillet 2011 Journal régional de FR3 le 19 octobre 2012 Après le TGV Rhin-Rhône, les lignes qui se feront... et les autres Copil 12 juillet 2012 Discours des représentants des agriculteurs - manif 10 décembre Manif à Turin : ils étaient 30.000 Schéma des variantes LGV Paca : une ligne nouvelle sur les rails en 2040 ? TGV : les viticulteurs ont le train triste FR3 Locale Toulon du 19 octobre 2012 TGV Rhin Rhône : Fuseau en 3D c4-d1-e5-f2 TGV Rhin-Rhône : les Alsaciens vont-ils payer ? AG La Farlède 30 novembre 2012 Fiches des variantes Toulon TGV Est : du champ de fleurs au champ de bataille Compte-rendu COTER 7 décembre 2011 Locale Toulon 7 septembre 2012 Bilan CNDP JT FR3 Locale Toulon 12 juillet 2012 Locale Toulon 6 février 2013 En Navarre, une étude conclut sur la LGV "non rentable, et non verte" En Navarre, une étude conclut sur la LGV "non rentable, et non verte" Les anti-LGV repartent au combat Des coupes claires à venir dans les projets TGV LGV PACA une erreur d'aiguillage ? Fuseau Toulon-Pierrefeu Bienvenue chez les Gautier, à six mètres de la ligne TGV LN PCA/LGV PACA : toujours le même projet. Fuseau en 3D c4-d1-e2-f1 Frédéric Cuvillier veut "mettre de l'ordre dans le Snit" Bulletin du Revest 9 janvier 2013 On reparle de la LGV Poursuite des études sur la LGV PACA Fuseau Cuges-Ollioules Tract mai 2009 : 10 raisons objectives pour rejeter le scénario des « Métropoles du Sud » Le Lyon-Turin en danger ? Tracé du Beausset à Solliès Tracé Nord de la LGV : 12 juillet 2012 7 juillet 2014 GRAPACA Fuseau en 3D c2-d2-e1-f1 Une campagne pour faire dérailler le train LGV : les tracés qui effraient en Provence verte
Haut Bas