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J' mon terroir, je dis NON à la LGV / LNPCA

Libération - TGV, quand la grande vitesse ralentit


La célébration des LGV Atlantique et Océane cache la fin de l’aménagement du territoire par ces magnifiques locomotives trop mécaniques.

Il a pointé sa frimousse réjouie de petit mousse à houppette, faisant coucou aux voyageurs en partance. Inaugurant la ligne à grande vitesse, Emmanuel Macron s’est mis en scène à Montparnasse façon touriste enjoué. Frétillant, il a sorti le nez au hublot de la motrice du TGV comme si tout cela l’amusait assez mais ne le concernait pas vraiment, comme s’il était déjà passé à autre chose et n’avait aucune envie de prendre les commandes de cette vieillerie accélérée.

Il était alors l’exact inverse de Jacques Lantier, le cheminot du roman de Zola, visage charbonné d’amour pour sa locomotive, la Lison. Il était le contretype parfait de Jean Gabin, héros popu du film de Renoir, casquette à la renverse, lunettes de motocycliste remontées sur le front et maquillage de suie en guise de bronzage ouvrier. Il était aux antipodes des héros tragiques de la Bête humaine qui filaient droit dans le décor du déterminisme ferraillant en entendant siffler le train des temps anciens. Macron aurait pu la jouer fierté TGV continuée. Il aurait pu poser en petit-fils de De Gaulle, revendiquant Concorde, Ariane, Airbus, sans oublier la suspension hydropneumatique de la DS ou le système de refroidissement de l’EPR nucléaire atomisé. Il aurait pu profiter du décorum façon navette spatiale, carlingue rivetée de blanc et émulsion technologique ultraclinique, pour s’apparenter à Thomas Pesquet, le tourneur de ciel, le caméraman de surveillance de la planète.

Il a préféré dire que la grande vitesse avait du plomb économique dans l’aile et que l’Etat comme la SNCF, qui avaient pu beaucoup, ne pouvaient plus grand-chose. Il a annoncé que la puissance publique voulait donner à chacun son train quotidien et renonçait à reconfigurer l’Hexagone.

On ne peut être Jupiter et Hermès à la fois. Le foudroyant se doit de porter des semelles de plomb en guise de paratonnerre. Ce qui lui interdit les pieds ailés et oblige le monteur de marches quatre à quatre quand personne ne le regarde à ralentir artificiellement. Macron imperator se raconte philosophe (Ricœur) et historien (Jeanne d’Arc). Mais le maître des horloges est surtout banquier à règle d’or et renonce sans barguigner, finances obligent, à s’imaginer géographe cubiste et mathématicien résolvant les équations temps sur distance.

Les LGV, qui rallient Paris à Bordeaux et Rennes, viennent de faire monter les marées atlantiques jusque dans les plaines à blé de l’Ile-de-France. On pourrait croire que c’est un dédommagement consenti au maire de la cité girondine, ce Juppé qui a bien failli être un Macron vieux. Ou que c’est en remerciement de l’ardente dévotion des blanches hermines bretonnes au nouvel élu chrétien-social et très européiste. Rien du tout ! Les grands travaux ont le temps long et la reconnaissance négligente. A ce compte-là, le maire du Havre devenu Premier ministre pourrait faire le coup de poing. Son port et sa baie de Seine sont toujours consignés à deux heures du pont Mirabeau quand Lyon, Nantes et maintenant Bordeaux font aussi bien et ont progressé façon 1, 2, 3 soleil. C’est comme si les confins étaient couvés et ramenés sous l’aile protectrice et les tout près négligés.

Le TGV a rétréci la France, mais sans jamais déplacer son point fixe et son noyau inaugural. L’engin est d’un centralisme total et d’un jacobinisme fatal, même s’il est développeur de métropoles régionales. Le TGV est apparu quand Mitterrand entrait à l’Elysée. La France des ingénieurs et les cheminots CGT ont élaboré le TGV en réponse à la prise de pouvoir de la voiture et de l’avion. Face à un XXe siècle pétroleur, ils ont réhabilité un XIXe siècle fumant et l’ont maquillé en objet écolo qui plaît au XXIe siècle décroissant et décarboné. Mais, et c’est bien le problème, ce dernier préfère l’instantanéité numérique et l’ubiquité immobile au défi fend-la-bise qui sent son effort à fer et à sang.

J’aime beaucoup regarder les cartes compressées comme des épaves automobiles après crash-test qui racontent comment le TGV a remodelé le territoire. On voit s’éloigner Cherbourg et Clermont-Ferrand, Granville et Tulle, plus sûrement que l’Ariège et les Alpes-de-Haute-Provence qui ont toujours été au diable vauvert. Cela tient du morphing panoramique et de la charcuterie esthétique, du plissé-plié à ourlet et du redécoupage électoral.

Qu’importe ! Mon cher TGV, avant qu’un jour tu finisses Corail dégradé et outil politique décati, je veux te dire que j’aime tout de toi. J’aime tes appuie-tête qui ne tiennent jamais, l’orange et le violet si anglais de tes sièges, le poinçonnage désormais digitalisé et tes contrôleurs sanctionneurs revus et corrigés en moniteurs de jolies colonies de vacances. Sans oublier les chasses d’eau couleur Canard WC qui n’expulsent jamais ce qu’elles devraient sur les rails des LGV.

Luc Le Vaillant


Source : Libération 3 juillet 2017


Rédacteur webMaster
Date de création : 04/07/2017 @ 08:21
Dernière modification : 04/07/2017 @ 08:21
Catégorie : Libération
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Je ne suis pas concerné car je n’habite pas sur le tracé FAUX !

Réponse: Même si le bruit peut porter très loin, la LGV ne devrait pas perturber au-delà de 10KM. Sauf que des villes comme Le Revest, La Valette, La Farlède, La Crau …restent dans ce périmètre.
Si certains pourront échapper à la pollution sonore, tous subiront son coût.
Comme l’état se désengage et l’Europe ne s’engage pas, c’est la région qui devra payer une bonne partie de l’addition qui s’élevait déjà en 2009 à 15 000 millions d’euros.
Par exemple, un contribuable de La Coupiane, à La Valette va payer 3 fois: une fois au titre de la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée, une fois au titre du Conseil général du Var et une fois au titre du Conseil régional PACA. Notre imposition va donc exploser.

Le maire de ma commune me l’a promis, le tracé ne passe pas par chez nous FAUX !

Réponse: Les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Actuellement le fuseau MDS (Métropoles du Sud ) a été choisi, les études techniques sont en cours, de nombreux sondages de sols seront effectués et la déclaration d’utilité publique n’aura lieu que vers 2014, elle comprendra alors un fuseau étroit de 500 m. D'ici là, Stop TGV Coudon, en contact permanent avec RFF (Réseau Ferré de France) communiquera sur ce site les information à sa connaissance.
A ce stade des études, personne ne connaît le tracé qui sera retenu en fonction d'impératifs techniques.
On peut juste faire des suppositions, à partir des études réalisées par l’ AUDAT (agence d’urbanisme de l’Aire Toulonnaise).

Le classement du COUDON du 9 décembre 2010 empêche le passage de la LGV. FAUX !

Réponse: Malheureusement non, le classement ne peut pas empêcher le passage de la ligne à grande vitesse.
La LGV est dite d’utilité publique aussi elle peut passer sur des sites protégés, classés, comme le Coudon ou les Maures.
Partout en France RFF a construit des ouvrages qui empiètent sur des zones classées.
Il a par contre plus de contraintes à respecter et donc un coût supplémentaire à construire dans ces zones.
C’est pourquoi STOPTGVCOUDON était très favorable au classement du Coudon et est intervenu auprès du commissaire enquêteur pour l'appuyer..

Cette LGV PACA, c'est l'avenir. FAUX !

Réponse: Pour tout projet il convient de faire un bilan avantages inconvénients.
 La LGV PACA apporterait un gain de 8 minutes sur un trajet Paris Toulon mais une délocalisation probable de la gare vers la périphérie même si la situation actuelle d’une gare au centre ville est satisfaisante pour les voyageurs. Et bien d’autres nuisances graves sur notre environnement comme sur nos finances.
Ce n’est pas un projet d’avenir c’est une menace que tous refusent (cf les manifestations de tout le Haut Var, de la communauté d’Aix, communauté de communes d'Aubagne …)
Même pour la SNCF la LGV devient un gouffre qui ne cesse de plomber les comptes.

Nos amis Niçois ont besoin d'une meilleure desserte ferroviaire. VRAI MAIS...

Réponse: Vrai, mais l’objectif d’un bon temps de parcours pour desservir Nice et désengorger son aéroport n’est pas optimisé par le choix du tracé Métropoles du Sud. Le tracé Côte D’Azur (passage dans le moyen Var) était plus performant, moins cher et plus réaliste.

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