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J' mon terroir, je dis NON à la LGV / LNPCA

Var-Matin - Défiance : Dialogue de sourds autour du projet de Ligne nouvelle


Alors que la concertation s'achève, associations d'opposants et agriculteurs sont  vent debout contre le projet de "Ligne Nouvelle", selon eux inutile voire néfaste, et volontairement flou. Les élus favorables sont aux abonnés absents.

Le maître d'ouvrage SNCF Réseau et les opposants varois au projet de la nouvelle ligne ferroviaire semblent irréconciliables. Mercredi soir, chaque camp est resté sur ses positions

Mercredi soir, salle des fêtes de La Farlède, SNCF Réseau avait convié la population varoise à une réunion publique de synthèse. Un ultime rendez-vous venant clore trois petits mois de concertation. Et pour un peu, on se serait cru sur le tournage d'une pub TV d'une grande banque raillant, à l'envi, le décalage supposé entre ses concurrentes et leurs clients… Même s'ils ne l'ont pas dit en chanson, les Varois opposés à ce projet de ligne ferroviaire nouvelle entre Marseille et Nice ont en effet le cruel sentiment de ne pas être écoutés.
Une impression visiblement partagée puisque, sans toutefois fermer la porte à la discussion, Jean-Michel Cherrier, directeur territorial adjoint de SNCF Réseau et, à ce titre, directeur de la mission Ligne Nouvelle Provence-Côte-d'Azur, a déclaré à plusieurs reprises : "Je ne peux pas répondre à votre perception du projet." Et a même évoqué "un dialogue de sourds".

Au vu des interventions du public mercredi soir, il semble bien, en tout cas, que rien ne puisse réconcilier les promoteurs de cette ligne nouvelle et ses opposants. Ces derniers n'en font d'ailleurs pas mystère. Ainsi, sans animosité aucune, mais avec fermeté, Joseph Fabris, 3e adjoint à la mairie de Signes, a affirmé : "Le var ne veut pas de ce projet que vous voulez nous vendre à prix d'or. Vous êtes des pompes à fric, mais nous, du fric, on n'en a plus."

Les agriculteurs en première ligne

A l'initiative de cette rencontre baptisée "réunion d'information et de participation du public", SNCF Réseau a été servi côté participation. Mais c'est à une salle très majoritairement hostile que Jean-Michel Cherrier a dû faire face. Mis à part Alain Patouillard, de l'association TGV développement Nice Côte d'Azur, toutes les personnes qui ont pris la parole n'ont eu de cesse que de démolir le projet porté par SNCF Réseau.

Après des débuts tout en douceur, c'est Alain Baccino, le président de la Chambre d'agriculture du Var, qui a allumé la mèche de la contestation.  S'opposant à la volonté de Jean-Michel Cherrier de ne pas aborder la Priorité 3 (le tronçon entre Toulon et Le Muy, don les travaux ne sont pas prévus avant 2050), Alain Baccino  a martelé : "Je ne peux pas vous laisser dire que ce n'est pas sérieux de parler de 2050. Une vigne est plantée pour quarante ans. Les agriculteurs décident aujourd'hui de ce qui se passera en 2050." Une intervention énergique qui a trouvé écho auprès de ses confrères agriculteurs.

Contestant les chiffres avancés par SNCF Réseau, selon lesquels seuls 45 hectares de terres agricoles seraient impactés par les priorités 1 et 2, Hubert Barret, pour la Confédération paysanne, s'est montré très ferme. "On n'est pas là pour cautionner votre projet, mais pour vous dire que vous êtes illégitimes. Nous, on ne veut plus qu'un seul hectare de terre agricole soit bétonné."

Saturation ou pas ?

Gérard Fabre, des Jeunes agriculteurs du Var, venus avec force tracteurs à La Farlède, avertit :"Vous posez un rail dans le département, il repart de suite sur les rails déjà existants."

L'existant. Plutôt que de promouvoir "un projet complètement inutile, totalement ruineux et extrêmement nuisible", Olivier Lesage, président de Stop TGV Coudon, invite SNCF Réseau à revoir sa position. "Je demande l'annulation du projet de Ligne nouvelle et la réorientation d'une partie des fonds sur la ligne actuelle pour répondre à nos besoins urgents."

Un réseau existant loin d'être saturé, si l'on en croit Joël Hervé, secrétaire de l'Association bagnolaise d'information, qui a été vérifier le 12 décembre dernier en gare de Saint-raphaël. Contestant la méthode utilisée, Jean-Michel Cherrier n'en démord pas : "La réalité de la ligne existante est qu'elle est saturée. Je peux vous le démontrer quand vous voulez. On ne proposerait pas de construire une ligne nouvelle si les besoins n'étaient pas réels."

Les propos ne semblent pas avoir convaincu. Du moins pour Alain (NDLR : Didier) Cade. Le président du Collectif Stop LGV Sud sainte-Baume n'a pas mâché ses mots. "Vous foncez tête baissée, non seulement contre l'avis des gens, mais aussi contre toute logique environnementale (...) Vous êtes les capitaines du Titanic qui fonce sur l'iceberg fatal (...) Vous êtes les défenseurs de l'indéfendable. Et de donner "rendez-vous pour l'enquête d'utilité publique".


L'absence des décideurs politiques pointée du doigt

Mis à part le maire de Carnoules, Christian David, très remonté contre la Région qui vient de supprimer 6 arrêts intercités dans la gare de sa commune, ou encore Joseph fabris, 3e adjoint à la mairie de Signes, très peu d'élus étaient présents, mercredi soir, à la réunion publique de synthèse, organisée par SNCF Réseau. Et cette absence des décideurs exaspère de plus en plus les très nombreux varois opposés à la Ligne nouvelle Provence-Côte-d'Azur (LNPCA).

"Les responsables de cette commande auprès de SNCF Réseau ne sont pas là pour la défendre", a ainsi dénoncé Didier cade, président du collectif Stop LGV Sud sainte-baume.

Michel Lieutaud, de l'association Stop LGV Sanary, lui a emboîté le pas. S'adressant à Jean-Michel Cherrier, directeur territoial adjoint de SNCF Réseau, il a déclaré : "Vous êtes là pour prendre les coups. Ceux qui manquent, ce sont les gens qui siègent à la gouvernance du projet." Et de regretter que "les élus décideurs ne viennent pas face aux citoyens."

Le FN à l'affût

Mais la charge la plus sévère est à mettre au crédit de Thierry Dubois-Laizet, membe du conseil d'administration de Stop LGV Sud sainte-Baume. Citant les Borloo, Vauzelle, Estrosi, Gaudin,Falco et autres Lanfranchi comme autant de responsables d'un projet injustifié. Thierry Dubois-Laizet a rappelé que "les élus sont là pour nous servir". Avant d'interpeller la salle : "Si vous ne voulez plus de ces élus, changez-les ! Soit par les urnes, soit par la rue !"

Assis au premier rang, Frédéric Boccaletti, secrétaire départemental du Front national du var et conseiller régional, a bu du petit-lait. Dans une salle clairement hostile à la Ligne nouvelle, l'élu frontiste a joué sur du velours. Rappelant l'opposition dès la première heure de son parti au projet ferroviaire, il s'est alors adressé à Christian Estrosi (absent) : "Si  vous pensez que les Varois vont laisser détruire leur territoire, vous vous trompez. On ne vous laissera pas faire."

Une intervention très applaudie.

Une réalité que la majorité régionale et départementale ferait bien de prendre rapidement en considération ...


Source : P.-L. Pagès Var-Matin 23 décembre 2016


Rédacteur webMaster
Date de création : 25/12/2016 @ 07:57
Dernière modification : 25/12/2016 @ 07:57
Catégorie : Var-Matin
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Je ne suis pas concerné car je n’habite pas sur le tracé FAUX !

Réponse: Même si le bruit peut porter très loin, la LGV ne devrait pas perturber au-delà de 10KM. Sauf que des villes comme Le Revest, La Valette, La Farlède, La Crau …restent dans ce périmètre.
Si certains pourront échapper à la pollution sonore, tous subiront son coût.
Comme l’état se désengage et l’Europe ne s’engage pas, c’est la région qui devra payer une bonne partie de l’addition qui s’élevait déjà en 2009 à 15 000 millions d’euros.
Par exemple, un contribuable de La Coupiane, à La Valette va payer 3 fois: une fois au titre de la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée, une fois au titre du Conseil général du Var et une fois au titre du Conseil régional PACA. Notre imposition va donc exploser.

Le maire de ma commune me l’a promis, le tracé ne passe pas par chez nous FAUX !

Réponse: Les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Actuellement le fuseau MDS (Métropoles du Sud ) a été choisi, les études techniques sont en cours, de nombreux sondages de sols seront effectués et la déclaration d’utilité publique n’aura lieu que vers 2014, elle comprendra alors un fuseau étroit de 500 m. D'ici là, Stop TGV Coudon, en contact permanent avec RFF (Réseau Ferré de France) communiquera sur ce site les information à sa connaissance.
A ce stade des études, personne ne connaît le tracé qui sera retenu en fonction d'impératifs techniques.
On peut juste faire des suppositions, à partir des études réalisées par l’ AUDAT (agence d’urbanisme de l’Aire Toulonnaise).

Le classement du COUDON du 9 décembre 2010 empêche le passage de la LGV. FAUX !

Réponse: Malheureusement non, le classement ne peut pas empêcher le passage de la ligne à grande vitesse.
La LGV est dite d’utilité publique aussi elle peut passer sur des sites protégés, classés, comme le Coudon ou les Maures.
Partout en France RFF a construit des ouvrages qui empiètent sur des zones classées.
Il a par contre plus de contraintes à respecter et donc un coût supplémentaire à construire dans ces zones.
C’est pourquoi STOPTGVCOUDON était très favorable au classement du Coudon et est intervenu auprès du commissaire enquêteur pour l'appuyer..

Cette LGV PACA, c'est l'avenir. FAUX !

Réponse: Pour tout projet il convient de faire un bilan avantages inconvénients.
 La LGV PACA apporterait un gain de 8 minutes sur un trajet Paris Toulon mais une délocalisation probable de la gare vers la périphérie même si la situation actuelle d’une gare au centre ville est satisfaisante pour les voyageurs. Et bien d’autres nuisances graves sur notre environnement comme sur nos finances.
Ce n’est pas un projet d’avenir c’est une menace que tous refusent (cf les manifestations de tout le Haut Var, de la communauté d’Aix, communauté de communes d'Aubagne …)
Même pour la SNCF la LGV devient un gouffre qui ne cesse de plomber les comptes.

Nos amis Niçois ont besoin d'une meilleure desserte ferroviaire. VRAI MAIS...

Réponse: Vrai, mais l’objectif d’un bon temps de parcours pour desservir Nice et désengorger son aéroport n’est pas optimisé par le choix du tracé Métropoles du Sud. Le tracé Côte D’Azur (passage dans le moyen Var) était plus performant, moins cher et plus réaliste.

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