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J' mon terroir, je dis NON à la LGV / LNPCA

France-Soir - Cette ligne à grande vitesse qui met le feu au Sud


Au fur et à mesure que le tracé de la LGV Paca se précise dans le département du Var, un mistral d’inquiétude exaspérée souffle parmi les agriculteurs et de nombreux habitants. Au point que le préfet tente une médiation.
 
« On est en train de gâcher le premier département touristique français ! Tout cela pour gagner quelques minutes entre Paris et Nice ! » Max Bastide, le maire divers gauche de Puget-Ville, charmante commune de plus de 3.600 habitants, n’en finit pas de fulminer. Depuis qu’il a connaissance des projets de tracés de la ligne à grande vitesse, la fameuse « LGV Paca », il est en effet dans une colère noire. « Engager 20 millions d’euros dans cette histoire, c’est irresponsable, inacceptable ! », renchérit-il, avec d’autant plus de fermeté qu’il sait que son sentiment est largement partagé, par des dizaines d’élus, mais aussi par de nombreux citoyens des villages varois ou azuréens.
 
Ce n’est pas sans raison si, vendredi dernier, plusieurs centaines de viticulteurs et d’agriculteurs à bord de tracteurs et de voitures, scindés en deux cortèges venus de La Crau et de La Cadière d’Azur (Var), ont convergé vers Toulon pour manifester contre les projets de tracés. Et ce n’est pas sans raison non plus si les banderoles qui ont circulé dans l’agglomération à cette occasion étaient dépourvues de toute équivoque, avec des messages du genre : « Non aux rails dans nos vignes ! », « Je veux rester vigneron, pas contrôleur ou cheminot ! » ou encore « Mon village n’est pas à vendre ! ». Cette tension – croissante de jour en jour – s’explique pour au moins deux raisons.
 
D’abord, les terrains directement concernés représentent une superficie assez considérable. Sébastien Perrin, le président des Jeunes agriculteurs du Var, ne manque d’ailleurs pas une occasion de le souligner : « Nous sommes opposés au passage de la ligne à grande vitesse (LGV) au milieu de nos terres agricoles, qui va impacter plus de 1.700 ha de terres ! » martèle-t-il. Ensuite et surtout, l’exacerbation du sentiment d’exaspération trouve son origine dans cette conviction, hélas ! souvent justifiée, que c’est à plus de 800 kilomètres au Nord, à Paris donc, que les décisions, dans la plus totale irresponsabilité et la plus grande ignorance des réalités locales, sont prises et que « l’art de gâcher un village » se cultive avec un parfait mépris technocratique. Tout en assurant qu’« il n’est pas question de couper la main qui tient la fourchette », Sébastien Perrin clame d’ailleurs haut et fort qu’il « n’est pas d’accord sur la façon dont Réseau ferré de France (RFF) gère la communication de ce dossier ».
 
Alain Baccino, le président de la chambre d’agriculture du Var, ne paraît pas loin de son côté de partager son avis. A fortiori parce qu’il se désole d’observer que « l’inquiétude grandit au fur et à mesure que le projet se précise »… « Le dernier tracé coupe La Cadière et Le Beausset en deux, déplore pour sa part Olivier Cade, le porte-parole de l’association des vins de Bandol, avant de crier au sacrilège : « On sacrifie deux villages médiévaux ! On va remettre du béton là où nos ancêtres ont enlevé les pierres pour planter de la vigne ! »
 
Rien d’étonnant dans ces conditions que les agriculteurs varois soient de plus en plus « vent debout », que des associations opposées au projet de la LGV aient tendance à se multiplier et que les manifestants toulonnais se soient rendus en cortège mais comme un seul homme au conseil général pour y déposer une motion collective. Dans ce document, ils ne se sont pas contentés pas de faire valoir que « le projet de Réseau ferré de France n’a pas été demandé par la profession agricole et qu’il présente des dangers réels et irréversibles pour toutes les communes concernées ». Ils ont également dénoncé le fait, à leurs yeux, rédhibitoire, que « les conséquences directes et indirectes n’ont pas été évaluées à leur juste valeur ». Avant de rappeler avec force que « c’est la qualité de vie dans son ensemble et l’impact sur les paysages et les terroirs qui font la renommée du Var qui sont en jeu ».
 
Mieux encore, le mouvement de protestation « sonne le tocsin » auprès des parlementaires de la région et des différents partis politiques. Devançant l’appel en renfort, les représentants d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) se sont joints à la manifestation toulonnaise. De son côté, la députée UMP Josette Pons, devenue illico presto adepte du « Pas de pays sans paysan », a fait savoir urbi et orbi qu’elle était « aux côtés » des protestataires « pour défendre l’agriculture varoise »…
 
Enfin, le préfet s’est mis à beaucoup recevoir ces jours derniers. Du coup, comme par enchantement, le dossier semble connaître un début d’évolution… Sans tabler trop hâtivement sur une victoire décisive, Antoine Pastorelli, le président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles note ainsi avec une petite pointe de satisfaction amusée que le préfet vient de prendre le double engagement, d’abord et avant tout de demander dès ce début de semaine le retrait pur et simple du tracé direct, et ensuite de solliciter la remise en question de l’emplacement d’une des principales gares (la gare Est). Dans le Var, plus qu’ailleurs peut-être, le pire ne saurait être définitivement sûr.
 
Repères
Le Var ou la nouvelle guerre du rail
 * En son dernier état connu, le projet de tracé de la ligne à grande vitesse en région Provence-Alpes-Côte d’Azur a un impact direct sur plus de 1.700 hectares de terres dans le département du Var. Une superficie amplement suffisante pour semer le trouble et déclencher une nouvelle guerre du rail.
 
* L’agriculture varoise représente 6.000 exploitants, plus de 40.000 emplois induits et près de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires.
 
 

Rédacteur webMaster
Date de création : 24/10/2011 @ 11:59
Dernière modification : 23/11/2014 @ 23:58
Catégorie : France-Soir
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Je ne suis pas concerné car je n’habite pas sur le tracé FAUX !

Réponse: Même si le bruit peut porter très loin, la LGV ne devrait pas perturber au-delà de 10KM. Sauf que des villes comme Le Revest, La Valette, La Farlède, La Crau …restent dans ce périmètre.
Si certains pourront échapper à la pollution sonore, tous subiront son coût.
Comme l’état se désengage et l’Europe ne s’engage pas, c’est la région qui devra payer une bonne partie de l’addition qui s’élevait déjà en 2009 à 15 000 millions d’euros.
Par exemple, un contribuable de La Coupiane, à La Valette va payer 3 fois: une fois au titre de la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée, une fois au titre du Conseil général du Var et une fois au titre du Conseil régional PACA. Notre imposition va donc exploser.

Le maire de ma commune me l’a promis, le tracé ne passe pas par chez nous FAUX !

Réponse: Les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Actuellement le fuseau MDS (Métropoles du Sud ) a été choisi, les études techniques sont en cours, de nombreux sondages de sols seront effectués et la déclaration d’utilité publique n’aura lieu que vers 2014, elle comprendra alors un fuseau étroit de 500 m. D'ici là, Stop TGV Coudon, en contact permanent avec RFF (Réseau Ferré de France) communiquera sur ce site les information à sa connaissance.
A ce stade des études, personne ne connaît le tracé qui sera retenu en fonction d'impératifs techniques.
On peut juste faire des suppositions, à partir des études réalisées par l’ AUDAT (agence d’urbanisme de l’Aire Toulonnaise).

Le classement du COUDON du 9 décembre 2010 empêche le passage de la LGV. FAUX !

Réponse: Malheureusement non, le classement ne peut pas empêcher le passage de la ligne à grande vitesse.
La LGV est dite d’utilité publique aussi elle peut passer sur des sites protégés, classés, comme le Coudon ou les Maures.
Partout en France RFF a construit des ouvrages qui empiètent sur des zones classées.
Il a par contre plus de contraintes à respecter et donc un coût supplémentaire à construire dans ces zones.
C’est pourquoi STOPTGVCOUDON était très favorable au classement du Coudon et est intervenu auprès du commissaire enquêteur pour l'appuyer..

Cette LGV PACA, c'est l'avenir. FAUX !

Réponse: Pour tout projet il convient de faire un bilan avantages inconvénients.
 La LGV PACA apporterait un gain de 8 minutes sur un trajet Paris Toulon mais une délocalisation probable de la gare vers la périphérie même si la situation actuelle d’une gare au centre ville est satisfaisante pour les voyageurs. Et bien d’autres nuisances graves sur notre environnement comme sur nos finances.
Ce n’est pas un projet d’avenir c’est une menace que tous refusent (cf les manifestations de tout le Haut Var, de la communauté d’Aix, communauté de communes d'Aubagne …)
Même pour la SNCF la LGV devient un gouffre qui ne cesse de plomber les comptes.

Nos amis Niçois ont besoin d'une meilleure desserte ferroviaire. VRAI MAIS...

Réponse: Vrai, mais l’objectif d’un bon temps de parcours pour desservir Nice et désengorger son aéroport n’est pas optimisé par le choix du tracé Métropoles du Sud. Le tracé Côte D’Azur (passage dans le moyen Var) était plus performant, moins cher et plus réaliste.

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