Var-Matin - Environnement : le contre-pouvoir des associations
Environnement : le contre-pouvoir des associations
Elle a eu la peau « de la plus grande ZAC d'Europe » (golfs et maisons) à Vidauban. Comme elle avait contribué à enterrer le projet Michelin dans la plaine des Maures. L'APEVV (1) s'attaque à du lourd et gagne souvent, en débusquant les failles dans les dossiers où « les administrations ne jouent pas leur rôle. Les élus continuent à faire tout et n'importe quoi », assure Robert Giraudo, président de cette association vidaubannaise.
polémique Les maires des villages reprochent aux associations leur opposition systématique. « On empêche les élus de faire n'importe quoi », rétorquent-elles
Dans le canton de Fayence, l'ACPE (2) a empêché la création d'un lotissement à Saint-Paul-en-Forêt et guerroie contre le deuxième golf de Tourrettes, « dans un secteur où les pressions économiques et politiques sont fortes », lâche Marc Brulé, le président de l'association.
En centre Var, Éthique environnement surveille la décharge de Balançan comme du lait sur le feu. « Sans nous, la montagne d'ordures se serait développée au Luc », assure Jean-Luc Longour, son responsable.
« Leur multiplication m'a pourri la vie »
Trois exemples d'associations très actives qui donnent sans doute des cheveux blancs aux élus, mais dont l'efficacité n'est guère contestée. D'autres, accusées d'être « bidons » représentent le cauchemar des maires.
Ainsi, Jean Lainé (Tourtour) s'est plaint publiquement, lors d'assemblées générales d'élus, de « la multiplication des associations qui (lui) ont pourri la vie ». Et qui retardent depuis douze ans la construction d'un lotissement.
« Ces gens tenaces n'ont que ça à faire. En multipliant les actions devant les tribunaux, ils espèrent que, de guerre lasse, le projet soit abandonné.Les banques et notaires, frileux, ne se lancent plus, craignant une annulation des procédures », déplore le maire. Qui précise : « Je n'ai rien contre les associations quand elles sont constructives et sérieuses, mais il ne faut pas attaquer tout et n'importe quoi? »
Démocratie participative
Sérieuse ou pas, « si une association gagne, c'est qu'il y avait matière à attaquer. Et à gagner », s'étonne l'APEVV. La méthode tourtouraine s'apparente peut-être à du harcèlement, « mais les lois sont faites pour être respectées par tous. Parfois, les promoteurs se disent qu'il y a tellement d'intérêt en jeu que personne n'osera condamner. Heureusement qu'existent les associations », se félicite Robert Giraudo.
« Nous avons une fonction de contre-pouvoir nécessaire. Nous représentons la société civile. Nous sommes souvent méprisés. C'est vrai qu'on finit parfois par s'affronter avec les élus », reconnaît Jean-Luc Longour, d'Ethique environnement. Mais c'est le prix à payer « pour cette forme de démocratie participative indispensable ».
Cela dit, « je regrette l'émergence d'un individualisme forcené et des actions qui ne sont pas toujours en direction de l'intérêt général, reconnaîtMarc Brulé (ACPE). Certains ne regardent que leur propre jardin. » Exemple : « Des habitants veulent lancer une pétition contre l'aéronef de Jean-Louis Étienne tournant au-dessus de Fayence, à cause du bruit (3). Cet explorateur forme, pour quelques semaines, des pilotes avant d'aller en Antarctique.Je ne trouve pas sérieuse cette démarche contre un scientifique défenseur de l'environnement », analyse le responsable de l'ACPE.
Olivier Lesage établit le même constat. « Lors d'une manifestation, une personne ne pouvait porter le drapeau de son association car elle était toute seule », témoigne le président de Stop TGV Coudon, lui aussi excédé par « les associations mono cellules, défendant des causes pseudo-environnementales. Elles nous desservent plus qu'autre chose ». Cela dit, « l'acharnement est dans les deux sens » ajoute-t-il.
Un peu comme dans les guerres : on ne sait pas qui a commencé le premier. Et les méthodes ne sont pas toujours nickel. Mais l'important, c'est de gagner.
1. Association pour la protection de l'environnement de la commune de Vidauban et du Var.
2. Association cantonale de protection de l'environnement.
3. L'interview a été réalisée avant le crash du dirigeable (lire Var-matin du mercredi 23 janvier).
Date de création : 17/02/2008 @ 10:38
Dernière modification : 17/02/2008 @ 10:38
Catégorie : Var-Matin Page lue 1198 fois
Présentation de l'association
La LGV, ligne à grande vitesse, en PACA avec ses nombreuses péripéties, est un sujet crucial qui passionne.
Son impact sur nos finances et sur notre environnement et si important qu’elle conditionne notre avenir et nous concerne tous.
1 - Historique de l’association
L’association Stop TGV Coudon a été créée en 2005, à l’issue du débat public, quand nous avons appris que pour rallier Nice, le tracé préféré des décideurs n’était aucun de ceux présentés au débat mais un nouveau tracé perforant le Coudon pour sortir en Viaduc à La Farlède et se diriger vers une gare multimodale située à La Grande Tourrache.
Nous avons été rapidement rejoints par de nombreux adhérents, pour dénoncer ce projet extrêmement dangereux pour nos finances et notre environnement.
Nous avons activement participé aux groupes de travail mis en place par RFF pour dénoncer toutes les contraintes et tous les risques d’une LGV pour le Var et en particulier de ce tracé si dangereux et si onéreux.
2 - Les tracés
Les décideurs avaient proposé au gouvernement un tracé direct Aix Nice, le long du couloir de nuisance créée par l’autoroute A8, tracé jugé moins nuisant et plus réaliste.
Mais devant la levée de boucliers des élus concernés ("pas de ça chez nous !"), le gouvernement a nommé un médiateur qui a favorisé le choix final pour le tracé sud, appelé aussi tracé littoral ou des métropoles du Sud.
Le fuseau de passage proposé mesure actuellement 7 kilomètres de large. En fonction du positionnement de la gare dans l'agglomération toulonnaise et des conclusions des études techniques, il sera réduit à 500 mètres pour la déclaration d'utilité publique.
Comment ne pas redouter que la LGV perfore les montagnes et balafre les plaines et les vignobles à l’Est de Toulon comme à l’Ouest ?
Nous devons rester éveillés, vigilants et très mobilisés.
3 - Le bilan
A l’heure du Grenelle de l’environnement, nous pensons que ce projet n’est pas écologique.
-Le gain de temps n’est pas suffisant pour assurer un report modal de l’avion vers le train.
Même si les gares étaient au centre ville, rapidement accessibles, ce qui est loin d’être acquis,
Le train ne serait toujours pas concurrentiel.
-Le coût est déraisonnable, largement à la charge des collectivités et des contribuables, peut-être de l’ordre de 10000 euros par foyer fiscal, il condamnerait tous les autres projets.
Faut-il dépenser tant de milliards pour gagner quelques minutes ?
-L’impact sur notre environnement et cadre de vie est trop important.
Compte tenu de son emprise ce projet impacte gravement nos paysages, les zones rurales comme sur les zones urbaines qu’il expose à une pollution sonore et visuelle.
Il menace la nappe phréatique ainsi que des zones et espèces protégées comme la plaine des Maures.
Le bilan avantages inconvénients condamne ce projet où qu’il passe ( nous refusons toute guerre de sécession, nordistes ou sudistes nous sommes tous varois et contribuables donc solidaires).
4 - Conclusion
C’est un projet politique qui ne répond pas aux attentes de la plupart des varois, qui ne veulent pas regarder passer les trains et qui n’ont pas besoin de la grande vitesse pour se déplacer au sein de leur région.
C’est pourquoi nous proposons des solutions alternatives et l’amélioration rapide, urgente du réseau TER,
Encore 2 mots : vigilance et mobilisation.
La LGV, ligne à grande vitesse, en PACA avec ses nombreuses péripéties, est un sujet crucial qui passionne.
Son impact sur nos finances et sur notre environnement et si important qu’elle conditionne notre avenir et nous concerne tous.
1 - Historique de l’association
L’association Stop TGV Coudon a été créée en 2005, à l’issue du débat public, quand nous avons appris que pour rallier Nice, le tracé préféré des décideurs n’était aucun de ceux présentés au débat mais un nouveau tracé perforant le Coudon pour sortir en Viaduc à La Farlède et se diriger vers une gare multimodale située à La Grande Tourrache.
Nous avons été rapidement rejoints par de nombreux adhérents, pour dénoncer ce projet extrêmement dangereux pour nos finances et notre environnement.
Nous avons activement participé aux groupes de travail mis en place par RFF pour dénoncer toutes les contraintes et tous les risques d’une LGV pour le Var et en particulier de ce tracé si dangereux et si onéreux.
2 - Les tracés
Les décideurs avaient proposé au gouvernement un tracé direct Aix Nice, le long du couloir de nuisance créée par l’autoroute A8, tracé jugé moins nuisant et plus réaliste.
Mais devant la levée de boucliers des élus concernés ("pas de ça chez nous !"), le gouvernement a nommé un médiateur qui a favorisé le choix final pour le tracé sud, appelé aussi tracé littoral ou des métropoles du Sud.
Le fuseau de passage proposé mesure actuellement 7 kilomètres de large. En fonction du positionnement de la gare dans l'agglomération toulonnaise et des conclusions des études techniques, il sera réduit à 500 mètres pour la déclaration d'utilité publique.
Comment ne pas redouter que la LGV perfore les montagnes et balafre les plaines et les vignobles à l’Est de Toulon comme à l’Ouest ?
Nous devons rester éveillés, vigilants et très mobilisés.
3 - Le bilan
A l’heure du Grenelle de l’environnement, nous pensons que ce projet n’est pas écologique.
-Le gain de temps n’est pas suffisant pour assurer un report modal de l’avion vers le train.
Même si les gares étaient au centre ville, rapidement accessibles, ce qui est loin d’être acquis,
Le train ne serait toujours pas concurrentiel.
-Le coût est déraisonnable, largement à la charge des collectivités et des contribuables, peut-être de l’ordre de 10000 euros par foyer fiscal, il condamnerait tous les autres projets.
Faut-il dépenser tant de milliards pour gagner quelques minutes ?
-L’impact sur notre environnement et cadre de vie est trop important.
Compte tenu de son emprise ce projet impacte gravement nos paysages, les zones rurales comme sur les zones urbaines qu’il expose à une pollution sonore et visuelle.
Il menace la nappe phréatique ainsi que des zones et espèces protégées comme la plaine des Maures.
Le bilan avantages inconvénients condamne ce projet où qu’il passe ( nous refusons toute guerre de sécession, nordistes ou sudistes nous sommes tous varois et contribuables donc solidaires).
4 - Conclusion
C’est un projet politique qui ne répond pas aux attentes de la plupart des varois, qui ne veulent pas regarder passer les trains et qui n’ont pas besoin de la grande vitesse pour se déplacer au sein de leur région.
C’est pourquoi nous proposons des solutions alternatives et l’amélioration rapide, urgente du réseau TER,
Encore 2 mots : vigilance et mobilisation.